SABSA : sept mois plus tard, les ressources promises sont enfin là!

Plusieurs mois se sont écoulés depuis la signature, en septembre 2016, de l’entente entre la Coopérative de solidarité SABSA et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS) qui s’engageait à payer le salaire d’une IPS et d’une travailleuse sociale ainsi que du matériel médical de base (pansements, seringues). Pour savoir où en sont les choses, nous voulions faire le point sur ce qui se passe à SABSA.

C’est un matin de février à Québec, pas si froid mais tôt. Nous avons rendez-vous avec Isabelle Têtu. Isabelle ne veut pas manger du temps sur ses heures de clinique à SABSA et nous donne donc rendez-vous à 7h.

Presque en riant (« Ça devient ridicule! »), Isabelle nous annonce que depuis cette entente, SABSA n’a toujours pas vu la couleur des ressources promises… (Ça n’est qu’hier, le 24 avril 2017, un mois et demi après l’entrevue, qu’Isabelle recevra la confirmation du CIUSSS de son engagement officiel et de l’arrivée imminente d’un travailleur social pour joindre les rangs de l’équipe!). Mais au moment de l’entrevue, la coopérative tourne toujours sur ses propres réserves et l’inquiétude commence à se faire sentir.

La jeune femme conserve cependant toute sa verve et son énergie. Elle s’exprime en rafale, ninja mobile capable d’évoluer sur tous les registres. Émaillé de données chiffrées sur l’activité détaillée de SABSA, mais aussi de réponses drôlatiques et gestuelles (aux IPS admiratives qui lui demandent comment elle fait, elle répond en mimant le geste de remonter ses manches) – son discours porte : il critique autant qu’il documente. Isabelle Têtu connait bien la situation en première ligne et sa bureaucratie qui l’étouffe; mais son analyse n’est pas tournée vers le ressentiment : elle s’active, analyse sa clientèle, ses besoins et pense déjà aux « moves » qu’il faudra faire pour continuer à répondre à ses besoins de façon adaptée et dans une forme d’immédiateté qui fait l’efficacité de la coop.

« On n’a pas le temps d’attendre » que les choses se négocient en haut… SABSA se déplace donc à hauteur des personnes qui viennent la consulter. Si ce sont des personnes souffrant de toxicomanie, il faut prévoir des installations qui leur permettent de s’injecter en toute sécurité. Une demande va donc être déposée auprès de Santé Canada pour autoriser les infirmières de SABSA à aider les patients toxicomanes à s’injecter en sécurité dans les locaux de la coopérative et à faire de l’éducation autour de ces pratiques. Sans pour autant se lancer dans la grande machinerie de la mise en place d’un site d’injection supervisée, SABSA veut rester une clinique ouverte à tous. L’autre horizon auquel réfléchit Isabelle concerne les problèmes que rencontrent les enfants du quartier et la façon d’y répondre. La pédiatrie sociale manque de ressources ou celles-ci sont centralisées loin du quartier où il y en aurait le plus plus besoin. SABSA fait partie du quartier, Isabelle a donc commencé à réfléchir aux moyens d’interpeler les autorités sur cette question ou d’agir directement. Cette femme n’a choisi ni le confort, ni l’indifférence…

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