Pénurie de médecins ou mauvaise organisation des soins?

Entrevue avec Mylaine Breton (Ph.D.), Professeure adjointe au Département des sciences de la santé communautaire et chercheure au Centre de recherche Hôpital Charles-Le Moyne.

(Les extraits audio de l’entrevue se trouvent au bas de cette page)

La question de la désaffiliation des médecins du régime public pose de façon aigue celle de l’accessibilité aux soins pour les québécois, en particulier ceux qualifiés de « clientèle orpheline », qui ne sont inscrits auprès d’aucun médecin de famille. Dans leur billet du 17 août, Damien Contandriopoulos et Mélanie Perroux analysent le phénomène de la migration des médecins de famille vers le privé dont ils situent l’accélération à la décision controversée de la Cour suprême dans l’affaire Chaoulli (9 juin 2005) et à l’adoption de la Loi 33 (décembre 2006). S’il est encore impossible de dégager l’influence du PL 20 sur cette hémorragie, il apparait urgent, selon eux et dans le contexte de l’adoption à venir de cette loi, de mener une réflexion concertée en vue de contenir l’importance et les effets de cette désaffiliation.

Mylaine Breton réfléchit à la question de la privatisation de la pratique médicale du point de vue de l’accès aux soins, en particulier pour les plus vulnérables, et en interrogeant le rapport aux soins que nous développons en tant qu’utilisateurs du réseau de santé. En effet, si pour améliorer l’accès il apparait nécessaire de réformer la manière dont les soins sont offerts et la façon dont on paye les médecins, il convient également de remettre en cause certains usages. Fondées sur de fausses croyances (« un médecin qui ne prescrit rien est un mauvais médecin ») ou des réflexes anticipatifs (« même si je suis en bonne santé je dois voir un médecin pour un suivi annuel ») – ces pratiques constituent un marché lucratif pour le privé, expliquant ainsi en partie son attraction sur les praticiens, mais engorgent aussi le réseau public dont les ressources sont ainsi utilisées de manière sous-optimale, aux dépends des personnes qui ont réellement besoin d’un suivi médical régulier. Mylaine Breton lance alors la question suivante « Qui a besoin d’un médecin de famille ? ». Il ne s’agit pas tant d’y répondre de façon tranchée que de réfléchir, partant de là, aux modes de collaborations interprofessionnelles impliquant les médecins du secteur public et permettant une meilleure organisation des soins de première ligne.


Les GACO : présentation, objectifs initiaux et effets pervers.

 

Privatisation de la pratique médicale : un marché, une clientèle.

 

Rapport aux soins et marché.

 

Rémunération médicale public/privé.

 

Qui a besoin d’un médecin de famille ?

 

Lien vers article de Breton, Gagné, Gankpe, 2014
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